Vue claire et lointaine de rivières et de montagnes (Xishan qingyuan)
Xia Gui (vers 1180-1230), Dynastie Song (960-1279) Rouleau horizontal, encre sur papier
46,5 x 889,1 cm
Xia Gui, de son prénom social (zi) Yuyu, est un peintre représentatif de la cour des Song du sud (1127-1279). Son nom est souvent associéà celui de Ma Yuan, autre peintre célèbre de l'Académie. Les compositions caractéristiques de leurs paysages sont à l'origine de leur surnom respectif : « Ma-un-coin et Xia-une-moitié ». Xia Gui et Ma Yuan sont avec Liu Songnian et Li Tang, les « Quatre Maîtres » de la peinture des Song du sud. Originaire de Qiantang, aujourd'hui Hangzhou, c'est pendant le règne de l'empereur Ningzong (règne : 1195-1224) qu'il reçut la prestigieuse Ceinture d'or et fut appointé peintre « attendant les ordres » (daizhao). Dans ses compositions, Xia Gui ne révèle qu'une petite partie du paysage émergeant de la brume. A la nouveauté de ses compositions s'ajoute la richesse et la force du travail de son pinceau, l'énergie de ses traits de textures.
Ce rouleau horizontal est composée de dix feuilles de papier montées bout à bout. La première mesure 25 cm de long et les autres environ 96 cm chacune. Le paysage offert est très varié, suivant les points de vue choisis par l'artiste. Des sommets aux rivières sinueuses, la composition de ce long rouleau est remarquablement structurée. La variété des effets du pinceau et de l'encre s'illustre dans la diversité des essences représentées. La technique de traits dits rides « grands coups de hache » rappellent visuellement la trace du coup de hache sur le bois. Elle est dérivée des traits dits rides « coups de hache » développés précédemment par Li Tang. Ces coups de pinceaux obliques, simplifiés mais naturalistes, décrivent les reliefs terreux. Les contours ont été tracés à l'encre sèche et les reliefs figurés par des lavis dont l'intensité varie du gris au noir profond. La composition de ce long rouleau offre trois séquences, qui jouent chacune sur le contraste des premiers plans et des lointains, du vide et du plein. Xia Gui excelle dans sa représentation remarquable de la profondeur de l'espace, dans la douceur extrême des lavis et les variations puissantes et subtiles de l'encre, sèche ou humide, d'un noir intense ou délavé.